Frédérick Diot

Partons à la rencontre de Frédérick Diot, un kinoteur qui voit grand !

Qui es-tu Frédérick Diot ?

Je suis un ancien élève de l’ISIC (Institut des Sciences de l’Information et de la Communication) à l’université de Bordeaux 3. J’y ai fait le master pro audiovisuel, j’habite Bordeaux.

D’où t’es venue l’idée de réaliser un film sur la ville de Pripyat ?

C’était au cours d’une soirée avec un ami, on regardait les villes fantômes sur Google earth, et leurs photos. Je me suis arrêté pas mal de temps sur la ville de Pripyat, et sur les images qui étaient vraiment impressionnantes. Là bas, tout est « parfaitement » conservé, un vrai musée de l’ère soviétique complètement abandonné. Peu de temps après, j’ai contacté un ancien habitant, évacué de la ville, avec lequel j’ai beaucoup parlé.

J’aime les lieux fantômes, j’avais réalisé un kino qui mettait en scène un jeune homme qui se réveillait dans un bordeaux complètement désert. Ça et l’ambiance soviétique m’ont donné envie de faire un film.

Peux-tu nous parler du scénario de « La grande roue de Pripyat » en quelques mots ?

Mladen (interprété par Raphaël Lutran) est un jeune homme qui habitait Pripyat avant l’accident de Tchernobyl. Lors de l’évacuation, sa femme disparait mystérieusement. L’histoire raconte son retour dans sa ville d’origine, désertée où il tente de chercher des réponses à ses questions.

Dans ton film, comment as-tu donné l’illusion d’un paysage fantomatique ukrainien tout en restant en gironde ?

Je ne voulais, et surtout ne pouvais pas reconstituer la ville, voir des endroits précis. Donc tout le challenge tourne autour d’une sélection de décors suggestifs, et de quelques effets numériques. Il fallait faire un choix en fonction de l’architecture, des possibilités de tournage et de la crédibilité. On a eu une équipe décoration (Benjamin Mulliez et Vincent Bonhoure) qui a fait un travail excellent, et quelques lieux vraiment sympas qui parlaient d’eux même.

Parle-nous un peu de l’équipe de tournage : combien de personnes ? Quels techniciens ?

Nous étions une vingtaine sur le tournage sans les acteurs. Ce sont des professionnels et des étudiants qui se sont côtoyés, c’était très agréable. Il y avait des gens avec qui j’avais déjà beaucoup travaillé, comme ma première assistante, Emmanuelle Roger, mais aussi des gens que j’ai rencontré grâce à Kino-Session comme le preneur son, FX Lesaffre. C’était une première expérience avec pas mal des autres personnes de l’équipe, la plupart venaient de l’ISIC (comme la scripte professionnelle, Alexandrie Brassard, ou encore l’équipe régie) mais aussi de l’ESMI ( Sebastien Chebassier et Théodore Salambier) qui assistaient le chef opérateur (Christophe Blémont). Beaucoup de monde a participé à ce tournage que ce soit en pré-production ou en tournage, c’était aussi une première pour moi. Après 3 ans de kino-session fait un peu en freestyle, il a fallu apprendre à déléguer, notamment pour la production où j’ai été aidé par deux directeurs de production (Laurence Moine et Mathieu Rigot, Imagina Prod) qui ont fait un travail énorme en amont.

Comment as-tu financé ce tournage ?

Le tournage a été financé par trois institutions : l’université de Bordeaux 3 (FSDIE) qui propose à tous ses étudiants d’obtenir une bourse pour des projets personnels, le Crous et le défi jeune. Ajoutez à ça un investissement personnel, le budget final était modeste pour un court métrage de 15 minutes, mais on a réussi à s’en sortir avec.

Quelle est la suite prévue pour « La Grande Roue de Pripyat » ?

Après la finalisation de projet, il y aura des projections prévues à la maison des étudiants de Bordeaux 3, et dans les villes qui nous ont accueillis. De manière assez classique, on le proposera aux festivals, on organisera des projections etc.

Tu as déjà réalisé plusieurs Kino, en quoi cette expérience t’a-t-elle été utile ?

Très! Je dis pas ça parce que c’est vous que me le demandez mais en réalisant des kino, on prend rapidement conscience de ce qu’on a besoin de préparer, ce qu’on doit faire, et aussi la manière dont on doit gérer son équipe. Après, de manière plus générale, c’est d’avoir fait un premier kino qui ma donné envie d’en faire un second, puis un troisième etc. Ça m’a beaucoup motivé à faire des films, voir à me donner envie d’en faire mon métier.

Et pour finir, ton plus grand rêve de réalisateur, c’est quoi ?

Faire les films que j’ai envie de faire et en vivre, ça serait plutôt pas mal.

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