Never Let me Go

Lorsque le don est poussé à son paroxysme…


Evoquer le don d’organes dans une fiction est une bonne idée, surtout que c’est un réel problème du XIXème siècle. Pourtant, Mark Romanek, réalisateur de Photo Obsession en 2002, ne choisit pas le meilleur moyen d’en parler. A travers l’histoire de Kathy, Ruth et Tommy, il construit un monde plein d’artifices où le don est programmé pour un certain nombre de jeunes, dès leur naissance. Un début de fiction agréable, nous plonge dans ce monde où les trois enfants découvrent la vie et ses plaisirs dans un lieu clos et reculé, la pension de Haishlaw. Mais bien vite, les enfants vont comprendre le but de leur existence, et tout faire pour y échapper… Ils naissent pour sauver des vies. Arrivés à l’âge adulte, ils donnent leurs organes vitaux et forcément finissent par mourir de faiblesse… A partir du moment où les enfants comprennent ce qui va leur arriver, le film tombe dans le glauque et le pathos. Pourquoi le pathos ? Parce que le spectateur qui voit ces enfants plein de santé, tous plus beaux les uns que les autres, est, malgré lui, en colère contre le sort qu’on leur réserve. Il souffre avec ses personnages. Pourquoi le glauque ? Parce que la simple idée de faire naitre des enfants pour les tuer dès leur « arrivée à maturation » est insoutenable… A ce stade, le don d’organe n’est plus ce qu’il devrait être : à l’origine un choix, il se transforme en une obligation qui condamne. Un scénario qui inspire le dégoût, et qui est incapable d’aller au bout de ses travers : de nombreuses inventions sont laissées en suspens, sans explications. La maitrise incontestable de l’image de Mark Romanek pêche par l’histoire évoquée. Enfin, le titre est une erreur, Never let me give reflète plus l’ambiance de la fiction…

M.F


Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19189251&cfilm=144222.htm

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