Krys, l’opticien.

Chers lecteurs et lectrice, nous voilà pour notre premier article. Je m’interpelle Fred W Dewitt, analyste publicitaire onirique. Comme je suis un mec bien, et que je suis généreux, je vous offrirai ici régulièrement une analyse publicitaire de qualitaÿ, mélant plaisir d’offrir et joie de recevoir.

Tout d’abord, laissez moi écrire ces quelques mots : rencontres gratuites, porno, sexe et dominique strauss Khan. Ne m’en voulez pas, je n’ai rien contre les autres rédacteurs de ce site, mais j’aimerai conserver une avance prospère sur le référencement des articles pour que ceux ci rament dans les sombres bas fond de l’internet.

Pour ce tout premier article, j’ai pris un publicité que vous avez peut être pu attraper au vol sur les chaines de télévisions, celle des opticiens Krys, que je vous met tout de suite dans ce billet afin de vous rafraichir la mémoire grâce aux formidables techniques du web 2.0

Je ne suis pas vraiment misogyne, ça se saurait, mais je sais apprécier une publicité qui l’est.
L’action se déroule dans un appartement d’un couple d’une classe sociale légèrement plus élevée qu’une « middle class » (oui en français, on dit « classe moyenne », mais ça fait bien trop communiste pour moi). Un homme attend sa « meuf » (oui on dit femme en français, mais ça fait pas assez banlieusard – notez que j’habite la banlieue de Brest à Penfeld, donc je sais de quoi je parle), alors qu’elle est en train de se préparer pour une soirée.

Notez que l’homme ici est un mâle, un vrai. Il est habillé classe mais cool quand même. Il y a cinq lampes qui sont allumées dans sa chambre : quatre au dessus de son lit, elles ne servent strictement à rien (vous distinguez la couleur du mur vous ?) . Le placement de la cinquième est subtile, elle est derrière la télévision et elle est moche. On croit que c’est la télévision au début, mais en fait l’angle sur le plafond nous informe qu’il en n’est rien. C’est probablement une lampe Ikéa, modèle Barometer qui fait une lumière dégueulasse mais sur lequel sa femme a craqué (parce qu’une femme ça craque sur des articles ikéa assez régulièrement, en plus de collectionner les crayons in-taillables).

C’est là que commence notre analyse. Cet homme est bridé par cette femme, il la paye cher. Il faut dire qu’il a voulu prendre le modèle «femme de publicité de yaourt », c’est peut être ce qui explique le plafond étrangement bas (non ça ne veut rien dire, mais j’aime bien le penser), et dernière subtilité, où il est obligé de se coltiner une œuvre d’art moche mais “tendance” à chaque réveil. C’est évidement elle qui a tout choisi, on ne tient pas tête à une femme yaourt.

Heureusement, la démone a quand même acceptée d’avoir une télévision dans la pièce (fortuite soumission, celle ci veut juste lui donner des choses à faire lorsqu’elle appelle son probable amant à 23h52, prétextant un faux numéro provenant de Limoge). Pendant l’attente interminable, il zappe à plusieurs reprise tombant sur ses émissions préférées : le foot, les infos, les débats et le clip de justice – stress que les hommes aiment bien écouter la tête baissé dans le métro en marmonnant « je suis le meilleur, je vais tous les tuer ».

La femme, elle se prépare dans sa salle de bain. Vous remarquerez qu’elle n’a aucun gout, il y a aucun nom de marque sur ses produits de maquillage. Elle est over-photoshoppée , et déja maquillée mais elle en rajoute quand même une couche. Mais passons directement au nœud dramatique de ce micro-métrage.

« Tes amis vont adorer ma nouvelle tenue »

L’homme aime bien exhiber ses conquêtes, il parait que certain vont même jusqu’à les échanger pour en échange avoir la chance de tester une femme “produit de beauté” ou “voiture”.  Alors que l’homme pose ses fesses bien nourries sur le lit du duplex, la femme doit, elle, bien se préparer pour que les amis de l’homme soit au moins « pas interloqué », voir « intéressé ». Si la femme n’est pas bien mise en scène, la soirée peut vite devenir « pérave« .  Surtout que vu la tenue de l’homme en attente, c’est probablement un anniversaire d’un copain (puisqu’il est classe mais détendu), il faut une femme assez belle pour pas choquer, mais quand même assez transparente pour que le clan homme ne se sente pas en danger.

Remarquez que la réflexion sur le prix de la nouvelle tenue. C’est parce que la femme est connue pour être naturellement dépensière, et forcément, c’est le mâle qui paie. Et il s’enquit un peu de la fiscalité du foyer, puisque sommes toutes (oui cette expression est ridiculement dénuée de sens syntaxique) ce n’est pas le mascara qui va payer les mensualités de la Mégane coupé garée en banlieue (parce qu’a paris c’est bien trop cher de louer une place de parking).

S’en suit une désinformation totale, elle affirme : « presque rien ». Excusez moi, mais dans une maison, ce n’est pas les rideaux qui coutent cher, c’est la fenêtre. Cette incroyable métaphore est pour vous faire comprendre que si cette cruche pense que ne pas porter de vêtement permet une déduction des coûts sur les frais courant du foyer, c’est un très mauvais calcul. Garder la forme, supprimer les disparités épidermiques, être brillante sans être réfléchissante… le total du coût du maquillage, des soins de beauté qui doivent s’ajouter du fait de sa sur-exposition (oui elle est nue, suivez un peu) sont énormes ( demandez à un producteur de film porno son budget maquillage).

Et dans une dernière phrase, simple question anodine qui dénote la tragédie du couple : « t’as pas oublié les fleurs » ? La dinde! Vous l’avez vu avec un bouquet là ? Et bien non, elle n’en a pas! Pour se maquiller, il y a du monde, mais pour avoir un minimum savoir vivre, genre pas acheter des lampes ikéa immondes, il y a plus personne.

L’impact est proche, la jeune déambule dans un couloir sombre et obscur (ce couple a décidément un soucis avec l’éclairage). L’homme attend, encore, il est tellement laissé qu’il ne regarde pas le lot, peut être trop concentré sur la commode à droite qui est évidement trop petite (c’est le mal de dos assuré pour y attraper quelque chose), et les tableaux qui, au vu de la chambre, n’annonce rien de bon.
Remarquez,  pour terminer, que toute la signification de cette publicité réside dans la sémantique de la dernière image :

Je vous le donne dans le mille, grace à l’apport graphique que ma technologie me permet, on voit clairement la naissance d’un dessus d’un pack de bière (et donc sa anse si pratique et si robuste à la fois); et cerise sur le groupama, il y a même le prix qui suit, prêt à consommer.

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