IREM : le son dans le cinéma, interview de Julie

Julie Mansion-VaquiéKino Session a signé une convention de partenariat avec l'IREM, afin de permettre aux réalisateurs kinoïtes de bénéficier d'une prise et d'un traitement du son de qualité pour les tournages de leurs courts-métrages. On revient en détail sur les avantages de cet échange avec Julie Mansion-Vaquié, professeur à l'IREM.

 

Julie, quel est votre rôle à l’IREM ?

Je donne des cours de Sound Design à l’IREM. On travaille sur la prise de son, le bruitage, la musique… ça veut dire travailler sur des publicités, des trailers, des films, etc. Cette année on a participé à un concours international de courts-métrages étudiants à Montréal. On participe à un autre concours qui forme les étudiants, celui d’Audi Talent Awards (il y a plusieurs catégories dont celle de la musique à l’image). Ces concours demandent des choses courtes en un temps limité, avec des contraintes. Cela forme nos élèves pour rentrer dans le métier. Ils sont tous seul : chacun produit quelque chose. Je suis également docteur en musicologie. Je donne des cours à la fac (Bordeaux 3), dans la Licence Chanson, en histoire des musiques actuelles, informatique musicale, et histoire de la chanson.

À votre avis, quelle est la place du son dans le cinéma ?

Dans le cinéma, s’il n’y a pas de son, il n’y a pas de film. Sérieusement, essayez de mettre une autre musique sur un film, et ça devient autre chose. Si on change la musique d’une scène romantique par exemple, c’est plus du tout romantique ! On n’a pas l’impression comme ça, mais tous les bruits d’explosions par exemple, c’est faux, même les claquements de portes. Le travail fait sur le son dans le cinéma est super important : il y a un énorme travail fait en studio, et de Sound Design. Si on n’avait pas ça, le film n’aurait pas le même impact au niveau sonore.

Le Sound Design c’est quoi, justement ?

Aller chercher du son ou enregistrer du son en studio, et après le recaler sur l’image. Ce qui est compliqué c’est de trouver le bon son. L’idéal est de prendre le son réel sur place pour que ça corresponde à ce qu’on veut.

À propos du partenariat IREM / KINO SESSION ?

Cela fait maintenant quelques années que l’IREM est en lien avec Kino Session, et on a signé une convention cette année : vous cherchiez des preneurs son, après vous être rendu compte que le son nuisait grandement à la qualité des films quand il était mauvais, ce qui est dommage. Alors nous avons proposé d’amener nos élèves en formation, pour qu’ils viennent faire de la prise de son sur les tournages, et l’améliorer. Je les amène donc aux Kino Datings, présente l’école, la classe, et ils passent un par un pour parler de ce qu’ils veulent faire. Après, ils partent chacun sur un tournage. Je regarde quand même ce qu’ils font, et s’il y a un problème ils savent très bien qu’ils peuvent m’appeler. Ce qui est génial avec ce partenariat, c’est que chaque année, parmi les étudiants qui s’y impliquent, il y en a qui adorent, d’autres qui n’aiment pas, mais ça leur fait une expérience de plus.

Comment préparez-vous vos élèves à ce partenariat ?

La prise de son implique de savoir se servir un minimum du matériel qui y est dédié, alors pendant les cours de Sound Design, on fait des petites scènes entre nous pour voir comment se débrouiller quand quelqu’un court, ou ce genre de chose. On apprend les bases avant de lâcher nos étudiants sur un tournage, et si jamais il y a un problème, on peut toujours les aider. Nos élèves n’apprennent pas seulement la méthode pour la prise de son, mais également tout ce qui concerne la post-production (c’est à dire le nettoyage du son, essayer d’éliminer les problèmes s’il y en a…). Il y a aussi le problème de la musique et des droits. Alors nos élèves peuvent éventuellement faire des compositions pour les kinos. Pour les stagiaires et Kino Session, tout ça se complète assez bien, je trouve.

Vos étudiants font ils du montage d’effets sonores en post-production ?

Oui. Par exemple, des étudiants sont partis sur un tournage et comme la scène était mouvementée et compliquée à filmer, ils l’ont refaite sans la filmer, en prenant seulement le son. Après, on recale le son sur l’image. On fait donc de la prise de son en direct, mais sans filmer la scène correspondante car impossible techniquement de faire les deux en même temps (perche qui se voit par exemple).

Que font vos étudiants pour améliorer le son d’un film ?

On demande généralement aux réalisateurs d’envoyer leur fichier son quand il ont fini leur montage. Nous, on essaie d’atténuer les bruits parasites, les souffles, les clics, les choses qui ne s'enchaînent pas très bien. On équilibre les choses pour que ce soit naturel, lisse et surtout, pas gênant. C’est ce qu’on apprend aux étudiants.

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