Lumière sur Ali Ilhan

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Ali Ilhan parlant peu le français c'est en anglais que notre journaliste l'a interrogé. Elle a ensuite retranscrit en français leurs échanges, cependant pour tous les anglophones vous trouverez la version originale plus bas. 
 

Version française 

Notre interview journalière de la Chapelle accueille aujourd'hui Ali Ilhan. Ali est originaire de Turquie, réside à Rome et réalise des films. C’est la seconde fois qu’il vient avec son ami Francesco Goglione au Kino Kabaret de Bordeaux. Je les ai suivi à la fameuse librairie indépendante Mollat où Ali tournait une séquence de son film « Eleanora d’Aquitania ». On va lui poser quelques questions sur lui. Paul, son cameraman va finir par se joindre à notre conversation. 

Ali, les trois premiers mots qui gambadent dans ton esprit en ce moment même ? 

Curieux, curieux, je dois rester curieux.


Ca, ce n’est certainement pas trois mots mais puisque, coïncidence, je suis fondamentalement d’accord avec cette proposition, je n’objecterai pas. Maintenant, parle moi de toi.

Je ne sais pas vraiment d’où je viens en ce sens que toutes les villes où j’ai habité n’ont jamais créé d’étincelles douces et accueillantes. Je suis né à Istanbul, en Turquie. La vieille Constantinople est effectivement un des mes endroits préféré mais jamais vraiment ma ville… C’est le même sentiment que je cultive pour la ville de Rome où je vis en ce moment. Les pierres des monuments, les visages marbrés des statues, tout ça n’a pas de sentiment, pas de vie, pas de potentialité. Je m’émerveille des personnes plutôt que des lieux.


Au travers quel filtre émotionnel ressens-tu l’expérience du Kino Kabaret ?

Tout me parviens par l’art ici. Je ne décrirai pas ici ma poétique car cela serais une entreprise éreintante et impossible à aboutir en si peu de mots. Parfois, je m’égare dans les traductions, pour le meilleur ! De nouveaux sens de créent automatiquement; ce qui n’arriverais pas dans un contexte créatif « normal ».


J’étais sur le set de ton court-métrage  « Eleanora d’Aquitania » . Quel était un de tes buts en faisant ce film ? 

Je souhaitais mettre en scène Eleanora à la découverte du Bordeaux moderne, exposer ses émotions, souligner et enfler celles-ci par le prisme d’un jeu de cache-cache avec un reporter photo qui là suit dans la ville. Tout est à découvrir. 


Quelle question aimerais-tu que je te pose ?

En réalité, j’en ai une mais je ne peux pas te la révéler. Suspense. Si on se revoit dans 5 ans, je te dirai.


Un quickie-interview pour toi maintenant.  Testons ta capacité de concision ;).

Avec plaisir 

Paul Hubble, le cameraman qui a travaillé avec Ali et Francesco sur le tournage de la troisième session était pendant l’interview assis à quelques mètres de notre table. Il vient de se lever et nous rejoint.

ALI : Hey Paul, alors, comment tu as trouvé ça, de travailler avec moi ? 
 
Ahah, bah, c’était le rush, très rapide mais intense. j’ai beaucoup aimé. J’aime bien la manière passionnée dont tu as abouti ton projet de scénario.
 
 
ALI : Paul était incroyable. Il m’a beaucoup aidé et a même suggéré plusieurs changements intelligents qui s’articulaient bien avec ma manière de bosser. 
 
Merci ;) Je te connais depuis longtemps maintenant; (…) Sincèrement, j’aime travailler avec toi et Francesco Goglione…
 
 MOI : Paul, tu veux jouer à un jeu ? Ali l’a fait…
 
Oui, bien sûr ! 
 
 Ok. Apparaître ou disparaître ? 
 
Apparaître. 
 
 Godard ou Truffaut ? 
 
Godard.
 
 Allumé ou éteint ? 
 
Eteint.
 
 Construire ou détruire ? 
 
Construire. 
 
 Blonde ou Brunette ?
 
Brunette. 
 
 Grass or Glass ? 
 
Glass
 
 Oui ou non ? 
 
Yes. 
 
 Délicat ou violent ? 
 
Délicat.
 
 Vin rouge ou vin blanc ? 
 
Vin rouge ! 
 
 Merci à vous deux pour cet entretien sublime. On verra votre film « Eleanora d’Aquitania » samedi à Victoire. J’ai hâte de vous y voir !
 

Version Anglaise 

Today, I am welcoming Ali Ilhan to the daily interview in the Chapel. Ali hails from Turkey, resides in Rome and directs movies. He came for the second time to the Kino Kabaret International de Bordeaux with his friend Francesco Goglione. We followed them both at the shooting of Ali’s movie « Eleanora d’Aquitania" in the renowned Librairie Mollat on Friday and later on spoke to them and their old friend Paul. 

Ali, the first three words which cross your mind right now ? 

Curious; curious;  still I must be curious. 

That is definitely not three Ali but since I fundamentally agree with your proposition, I will not object. Now, tell me about you. 

I don’t really know where I am coming from in the sense that all the cities I have lived in did not ever spark a homely atmosphere… I was born in Istanbul, Turkey and it is true that Old Constantinople is one of my favorite places, but it has never been my city. I have the same feeing for Rome where I live now. The stone of the monuments, the faces of the marble statues, here or in Rome have no feeling, no potentiality. I think I am in awe with people rather than with cities. 

Through which emotional filter do you sense, think about Kino Kabaret ? 

All comes through the art here. My poetics I will not describe thoroughly here because it would be strenuous and actually impossible. Sometimes though, I am lost in translation, for the better ! New meaning are created here which wouldn’t in a « normal » creative context. 

I was on the set of Eleanora d’Aquitania, the short movie you were shooting this morning. What was your aim with this film ? 

I wished to picture Eleanora seeing the modern city of Bordeaux, how she would feel, highlight and swell these feelings through the prism of a cache-cache game with a reporter who follows her in the town. All is to discover. 

What question would you like me to ask you ?

In reality, I have one, but I can’t say it. Suspense. If we meet in 5 years, I’ll tell you.

A quickie-interview for you now.  Let’s try and test your ability to be concise ;). 
 
With pleasure ! 
 
Appear or Disappear ? 
 
You know, I don’t like to show that everything is very clear. I am curious about physics and like employing images which relate to both this discipline and the artistic concept I am willing to explain. I can’t simply choose Appear or Disappear here. Why ? Because, on a land, when you dig a hole, a pile is going to form next to it. Where there is a hole, there is a pile; where there is protuberance, there is a cavity. Minus and plus coexist. 
 
 Godart ou Truffaut ? 
 
Truffaut.
 
 Build or destroy ?
 
Build.
 
 Blonde or Brunette ?
 
Brunette. 
 
 Yes or no ?
 
No, because if you say « no » first , it’s easier to say yes after. If you say « yes » first, it’s more difficult to say « no » after…
 
 Grass or glass ?  
 
Grass.
 
 Delicate or violent ? 
 
Delicate.
 
 Red or white wine ?  
 
Once upon a time, two years ago, I was always drinking red wine. I now prefer white. 
 
 Paul Hubble, the director of photography who worked with Ali and Francesco during the KKIB was sitting a few meters away from us. He just stood up and joined the interview. 
 
ALI : Hey Paul, so how was it to work with me ?
 
Aha, well, it was a rush, it was too quick yet intense and enjoyable of course… I liked how passionately you weaved this film project.
 
 ALI : Paul was great. He helped me very much and suggested changes in a very acute and articulate manner ! 
 
Thank you ;) I know you since a long time ; (…) love working with you and Francesco Goglione…
 
 ME : Hey Paul, do you want to play a game ? Ali already did… 
 
Yes, bien sûr ! 
 
 Ok. Apparaître ou disparaître ? 
 
Apparaître. 
 
 Godard ou Truffaut ? 
 
Godard.
 
 Allumé ou éteint ? 
 
Eteint.
 
 Construire ou détruire ? 
 
Construire. 
 
 Blonde ou Brunette ?
 
Brunette. 
 
 Grass or Glass ? 
 
Glass
 
 Yes or no ? 
 
Yes. 
 
 Délicat ou violent ? 
 
Délicat.
 
 Vin rouge ou vin blanc ? 
 
Vin rouge ! 
 
 Merci ! Thank you to both of you for this delightful interview. 
 
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