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Le Mouvement Kino

Tout savoir sur ses origines et ses principes de création.
8 avril 2026 par
Le Mouvement Kino
Kino Session
Par Claire Couthenx

Le 7ᵉ art est né grâce à des passionnés fascinés par l'invention des frères Lumière. La caméra est alors devenue un outil magique qui permet de s’exprimer, d’inventer, d’utiliser le pouvoir des images, de transmettre des idées et surtout, de raconter des histoires.

Le mouvement Kino est l’une des branches créatives de cet arbre centenaire. Depuis plus de 25 ans, il fait souffler un vent de liberté dans le milieu du cinéma, en permettant à toutes et à tous de créer des courts-métrages.


La naissance du mouvement Kino : un défi audacieux.

 
Une idée simple et géniale.


« Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant » : telle est la devise de ce mouvement cinématographique international, lancé en janvier 1999 grâce à une très bonne idée, et à toute une équipe qui va la faire exister.

Tout commence avec l’effervescence qui régne autour de l’arrivée de l’an 2000, ce changement de millénaire imminent donnait l’impression qu’on allait basculer dans un futur à la Mad Max. On entendait parler de grandes catastrophes, d’apocalypse et de bugs informatiques mondiaux, mais pas assez de l’arrivée d’une armée de Mel Gibson.

C'est dans ce contexte que Christian Laurence lance un défi à ses amis : réaliser un film par mois et organiser une projection collective. L’objectif est simple : garder une trace de cette époque, au cas où il se passerait vraiment quelque chose de fou le 31 décembre 1999.

L’idée plaît tellement qu’ils passent de 12 participants à 40 en moins de trois mois. Le mouvement se renforce alors grâce à d’autres forces vives comme Jéricho Jeudy et bien d’autres jusqu’à constituer une équipe soudée et collaborative. C'est pour incarner cet élan collectif qu'ils baptisent le mouvement « Kino », en référence à la racine grecque kinêsis, qui signifie « mouvement ».

Christian Laurence, au festival Off-Courts en 2022©Le Pays d'Auge / M.-M. Remoleur



 Une évolution qui va avoir un effet boule de neige

L'an 2000 laisse finalement la place à 2001, et personne ne s’est retrouvé forcé à aller faire du buggy habillé en cuir, ce qui permet au mouvement Kino non seulement de continuer, mais aussi d'évoluer.

Cette évolution prend un tournant décisif grâce au Festival du Nouveau Cinéma, qui accueille cette même année les fondateurs du mouvement et leur offre une scène pour expérimenter de nouvelles formes de courts-métrages. Durant le festival, les Kinoïtes sont invités à organiser un marathon de courts métrages, et c’est cette initiative qui donne naissance aux Kino Kabarets.

Les Kino Kabarets, espaces de rencontre favorisant la collaboration, deviennent des événements réguliers où talents, envies et compétences se rencontrent autour d’un objectif commun : créer des films.

Ces moments festifs, qui sont toujours d’actualité, réunissent amateurs et professionnels où chacun apporte ses talents, ses idées, son audace, et ses possibilités. Ensemble, ils sont invités à imaginer des projets de courts-métrages qu'ils s'engagent à réaliser dans un délai établi, pouvant aller de 48 heures à 2 mois. Les films sont ensuite projetés sur grand écran, sans compétition ni enjeu, si ce n’est le plaisir de créer et de partager. 

Ce concept original connaîtra un succès incroyable qui contribue encore aujourd’hui au dynamisme du mouvement et à la multiplication des cellules Kino à travers le monde.


L'expansion du mouvement Kino : Une communauté mondiale sans frontières.


Des courts-métrages labellisés Kino dans le monde entier


Présent principalement en Europe et au Canada, ainsi qu’en Océanie et en Afrique, le mouvement Kino rassemble aujourd’hui des milliers d’adhérents pouvant être appelés Kinoïtes ou bien Kinoïstes, qui se réunissent au sein d’une centaine de cellules actives. Ces lieux de création et de partage sont animés par des associations locales et des équipes bénévoles qui organisent leurs Kino Kabarets et des projections.

La force du mouvement tient à ce que le principe reste le même partout : des thématiques proposées, des films réalisés dans un délai donné, puis projetés devant un public. Comme tout se fait dans un esprit collaboratif, avec peu ou pas de budget et sans remise de prix, chaque cellule permet à ses membres de s’exprimer à sa façon et librement à travers les courts-métrages réalisés.

Ces cellules fonctionnent comme de véritables laboratoires de création autonomes, qui peuvent aussi collaborer et échanger leurs idées, parler de leurs évolutions et de leurs courts-métrages. Une collaboration internationale Kino Montréal qui permet de faire vivre le mouvement Kino depuis plus de 25 ans. 


Kino Kabaret International de Bamako ©Kino Bamako


 Et aujourd'hui comment se passe la création des courts-métrages ?


Aujourd'hui, si les moyens techniques et notre rapport à l'image a profondément évolué depuis 1999, les Kinoïtes continuent de créer des courts-métrages en restant fidèles aux principes fondateurs. Il y a toujours des évolutions avec l’arrivée des différentes technologies. Il est aujourd’hui plus facile d’avoir une caméra de bonne qualité, le matériel vidéo est plus accessible et un téléphone peut même suffire à faire un film. Restent la créativité, la spontanéité, le partage et, surtout, cette volonté de préserver un esprit d’artisanat, permettant d’exprimer un point de vue et une manière d’être au monde.

La diffusion des courts-métrages se poursuit en dehors des moments de Kabarets. De nombreux Kinoïtes ont participé à des festivals de cinéma, Youtube permet le visionnage de centaines de courts-métrages sous le label Kino. Et des réalisateurs sont même passés au long métrage, comme Christian Laurence qui a réalisé le film Aurélie Laflamme - Les pieds sur Terre (2015). 


« Maintenant plus que jamais, nous devons nous parler, nous écouter et comprendre comment nous voyons le monde, et le cinéma est le meilleur moyen de le faire », disait Martin Scorsese.

Si le mouvement Kino vibre encore plus de 25 ans après sa naissance, c’est parce qu’il répond à un besoin universel : reprendre le pouvoir sur nos propres récits. Dans un monde saturé d’images, Kino nous rappelle que le 7ᵉ art n'appartient pas uniquement aux grands studios, mais à toutes celles et ceux qui possèdent une idée et l'audace de la filmer.

En 1999, Christian Laurence et ses amis voulaient laisser une trace, au cas où. Aujourd’hui, des milliers de Kinoïtes contribuent à façonner le cinéma de demain en créant des courts-métrages spontanés, artisanaux et profondément humains.

Et n’oubliez pas : “Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, faites-le maintenant.” Alors prêt à vous lancer et à venir participer au prochain Kino Dating ?

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